Inflammation

Aigu ou chronique?

Glace ou Chaleur?

Vous vous êtes certainement déjà demandé : « Est-ce que je devrais mettre de la glace ou de la chaleur sur ma blessure? »

Pour pouvoir répondre à cette question, il faut d’abord comprendre ce qui se passe suite à un traumatisme et savoir s’il y a ou non de l’inflammation. La phase de guérison des tissus passe par trois grandes étapes : la phase aigüe, la phase sub-aigüe et la phase chronique.

Phases de guérison

Phase 1 : Aigüe/ inflammatoire/ inflammation

  • Durée : de 48 heures à 4 jours
  • Vous observerez :
    • Gonflement;
    • Chaleur;
    • Rougeur (augmentation de l’apport sanguin aux tissus lésés);
    • Douleur constante, qui n’est pas améliorée par le repos ou l’immobilisation (pression sur les fibres nerveuses causée par l’œdème);
    • Sommeil perturbé par la douleur.

Ces symptômes sont reliés à l’inflammation. Celle-ci est essentielle à la guérison des tissus. Elle permet de détruire les tissus endommagés, laissant ainsi la place à de nouvelles cellules, et d’activer le processus de réparation en augmentant l’apport sanguin dans la région blessée. Ce n’est donc pas cette inflammation elle-même qui est problématique, mais le fait qu’elle persiste parfois au-delà de sa durée normale. Dans un cas d’inflammation chronique, il peut même y avoir une destruction de tissus tout à fait sains. Il est donc important d’agir rapidement dès l’apparition des signes d’inflammation afin de contrôler son intensité.

inflammation entorse cheville

Phase 2 : sub-aigüe/ de réparation

Les phases se chevauchent et leur durée est variable d’une personne à l’autre et selon la gravité de la blessure.

  • Durée : de 2 à 70 jours.

Pendant cette phase, les tissus tentent de se réparer et de se cicatriser, mais l’organisation des fibres n’est pas optimale. Les tissus sont encore fragiles et il faut être prudent quant aux stresses mécaniques que l’on applique sur eux.

Phase 3 : chronique/ remodelage

  • Durée : habituellement 2 mois et plus; pouvant s’étendre sur une année.

Les fibres des tissus sont graduellement remplacées par du tissu de meilleure qualité, mieux organisé. Normalement, la douleur s’estompe dans cette dernière phase de guérison.

Toutefois, il arrive malheureusement que la douleur persiste. On dit alors que la personne souffre de douleur chronique. 10 à 30 % des Canadiens souffrent de douleur chronique, ce qui coûte évidemment très cher à la société.

La douleur chronique est en fait un cercle vicieux que l’on veut éviter à tout prix, car elle :

  • Entrave le sommeil;
  • Cause une diminution d’énergie;
  • Compromet le rendement au travail;
  • Peut causer une diminution de la participation aux activités sociales;
  • Résulte parfois en des difficultés financières;
  • Peut causer de l’anxiété;
  • Peut provoquer le sentiment de n’être pas compris;
  • Risque de causer de la dépression;
  • Cause une inhibition et une atrophie des muscles stabilisateurs;
  • Peut causer une diminution de la tolérance à la douleur.

Il est donc importance de consulter rapidement à la suite d’une blessure!

TRAITEMENTS

Exemple : entorse de la cheville :

Phase aigue

  • Repos (cesser toute activité douloureuse);
  • Glace
    • Diminue la circulation sanguine : réduit les risques de saignements internes;
    • Atténue la douleur; cet effet peut durer deux à trois heures;
    • Limite l’inflammation;
    • Diminue le gonflement;
    • Réduit les spasmes musculaires (contractions involontaires des muscles);
    • Il est normal de se sentir plus «raide» après son application.
  • Compression : taping ou bandage élastique, pour limiter le gonflement de l’articulation;
  • Élévation : favorise le retour veineux et du liquide inflammatoire vers la circulation;
  • Contrôle de la douleur : médication, T.E.N.S., etc.

Au contraire, l’application de chaleur est à éviter car elle risquerait d’augmenter l’inflammation.

Comment appliquer la glace :

  • Glace concassée, sac de pois ou de légumes congelés, sacs de gel :
    • Aux heures ou aux deux/ trois heures;
    • 10 à 15 minutes;
    • Entourer la compresse d’une serviette ou d’un linge humide.

On note initialement une sensation de brûlure avec un picotement et une légère douleur, pouvant durer environ cinq minutes. Par la suite, la région est «gelée» et on ne ressent plus de douleur.

Cryomassage :

Utile pour les applications sur de petites surfaces.

Fabrication du bâton de glace :

  • Remplir un verre de styromousse avec de l’eau;
  • Mettre au congélateur jusqu’à la congélation;
  • Tailler ensuite le rebord du verre afin de dégager 1 cm de glace;
  • Appliquer sur la région blessée en effectuant des mouvements circulaires.

Neurocryostimulation :

Dioxyde de carbone médical gazeux très froid (-72° Celcius dans la bombonne) qui crée un choc thermique très efficace qui fait chuter la température de la peau en environ 30 secondes, de 30 à 34° Celcius à 4° Celcius. La neurocryostimulation est une thérapie très confortable.

Ses effets :

  • Diminue la douleur; son effet dure plus longtemps que l’application de la glace conventionnelle;
  • Augmente l’apport sanguin, amenant sur place les éléments essentiels à la guérison;
  • Anti-inflammatoire : diminution de la production d’enzymes thermosensibles;
  • Relaxation musculaire : les fibres musculaires se relâchent de façon importante sous l’effet d’une très basse température.

Phase sub-aigüe

Dans la phase subaigüe, il est important de débuter certains exercices. Il faut toutefois être prudent pour ne pas déclencher de phase inflammatoire en y allant de façon trop rapide. Votre physiothérapeute vous conseillera sur certains exercices de renforcement et d’assouplissement, afin de :

  • Favoriser un meilleur alignement des fibres des ligaments et des muscles pour que ceux-ci soient plus solides;
  • Éviter l’ankylose;
  • Éviter l’atrophie musculaire.

Si vous ressentez encore de la douleur, vous pourrez choisir de mettre de la glace ou de la chaleur. Ainsi, si vous ressentez plutôt de la raideur et de l’ankylose, la chaleur sera bénéfique. Si par contre, vous avez encore une sensation de chaleur, de brûlure ou de douleur constante, vous devriez plutôt appliquer de la glace.

Voici les effets de la chaleur :

  • Augmente la circulation sanguine, facilitant ainsi la réparation des tissus endommagés;
  • Détendre les muscles;
  • Améliorer la souplesse;
  • Diminuer la douleur.

Comment appliquer la chaleur :

  • Durée : 15 à 20 minutes;
  • Aux deux ou trois heures, ou au besoin;
  • Une chaleur humide est plus efficace car elle conduit mieux la chaleur dans les tissus : une douche chaude, un bain chaud, un enveloppement chaud.

Bains contrastes

Si vous avez encore de l’enflure et surtout si elle est indurée (présence d’un «trou» dans la peau après y avoir enfoncé doucement votre doigt), les bains contrastes pourraient être efficaces.

Comment faire les bains contrastes :
  • Remplissez un grand contenant d’eau très chaude, mais non bouillante;
  • Remplissez un deuxième contenant d’eau froide et ajoutez-y quelques glaçons;
  • Plongez la cheville dans les contenant, en alternance et en débutant par l’eau chaude;
  • Restez dans l’eau chaude 2 minutes;
  • Restez d’eau froide 1 minute;
  • Répétez 3 fois;
  • Si vous ressentez surtout de l’ankylose ou de la raideur, terminez par l’eau chaude;
  • Si au contraire vous ressentez de la douleur et que l’enflure persiste, terminez par l’eau froide.
  • Effectuez des bains contrastes une à deux fois par jour, ou au besoin.

Phase chronique

Dans cette phase, on progresse les exercices déjà amorcés et on ajoute des exercices de proprioception et de stabilisation pour éviter les récidives de blessure.

Conclusion

Condition aigüe : application de glace;

Ensuite : glace ou chaleur, selon les signes et symptômes;

Évitez la douleur chronique en consultant rapidement à la suite d’une blessure.

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