À ce jour, on estime que 15% des jeunes rencontrent des difficultés en lecture et en écriture[1]. Toutefois, avec une intervention appropriée, seulement 5% des jeunes auront des difficultés de langage écrit qui vont persister dans le temps[2]. Il est possible de travailler certaines habiletés nécessaires à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture de façon préventive et ce, avant même l’entrée à l’école. Cette prévention des difficultés, par le biais d’activités précoces et intensives, est primordiale, d’autant plus que les résultats scolaires de l’élève de 1ère année en lecture sont des prédicteurs des résultats en lecture à la fin du secondaire[3].

Voici quelques habiletés qui prédisent le succès de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture au début du primaire, ainsi que la façon de les travailler dans la lecture d’histoires au quotidien.

Habiletés d’éveil à l’écrit

La conscience de l’écrit :

enseigner les concepts suivants à l’enfant dans le but qu’il voit comment l’écrit fonctionne :

o   Orientation du livre (comment on doit le tenir);

o   Titre (où est-il?, que peut-il nous apprendre?);

o   Concepts d’auteur et d’illustrateur (qui sont-ils?, à quel endroit leurs noms sont-ils écrits?);

o   Alphabet et calligraphie (quel est le nom des différentes lettres que l’on rencontre dans le texte?, comment écrit-on ces lettres?);

o   Montrer la distinction entre le texte et les images;

o   Début du texte (où le texte commence-t-il? en haut à gauche) et sa direction (dans quel sens devons-nous lire? de gauche à droite);

o   Concepts de mot, phrase, paragraphe (montrer à l’enfant à quoi référent ces concepts dans le texte);

o   Concepts de majuscule et de minuscule;

o   Indices de dialogue (comment l’auteur fait-il pour nous indiquer que deux personnages sont en train de se parler dans l’histoire?).

Conscience phonologique :

faire prendre conscience à l’enfant que les mots contiennent trois types d’unités sonores :

o   La syllabe (ex. : le mot « cochon » contient les syllabes « co » et « chon »);

o   La rime (ex. : le mot « cochon » rime avec « maison »);

o   Le son isolé (ex. : le mot « cochon » contient le son « chhhhh »).

Montrer à l’enfant qu’il est possible de jouer avec ces unités sonores (ex. : compter sur les doigts le nombre de syllabes dans le mot, identifier si deux mots riment ensemble, etc.)

Principe alphabétique:

faire prendre conscience à l’enfant que les mots que nous entendons peuvent s’écrire avec des lettres, qu’il faut bien écouter les sons présents dans les mots si on veut savoir comment bien les écrire.

Habiletés langagières :

Langage littéraire:

enseigner à l’enfant qu’il existe des mots, des expressions et des types de phrases et de discours qui sont beaucoup utilisés à l’écrit, par exemple dans les livres, mais que l’on retrouve peu à l’oral, par exemple, lorsqu’on parle (ex. : « alors, il s’enfuit à toute vitesse » est une expression que l’on retrouve couramment à l’écrit, mais qu’on utilise peu lorsqu’on parle). Voici quelques techniques qui peuvent aider l’enfant à mieux comprendre ce vocabulaire propre au langage littéraire lors de la lecture d’histoires :

  • Donner la définition du mot ou de l’expression;
  • Donner un synonyme;
  • Montrer le mot ou l’expression sur l’image dans le livre (si applicable);
  • Mimer le concept (si applicable);
  • Faire un lien avec le vécu de l’enfant (ex. : « tu sais toi, quand tu cours très vite pour aller chercher le ballon au soccer, on pourrait aussi dire que tu t’élances à toute vitesse »).

Faire des inférences:

enseigner à l’enfant à combler l’information manquante dans l’histoire à partir de ses connaissances antérieures ou de son vécu. Voici quelques exemples de moyens pour favoriser l’apprentissage de cette habileté :

  • Questionner l’enfant sur ce qui pourrait arriver dans la suite de l’histoire;
  • Demander à l’enfant de décrire les sentiments des personnages;
  • Questionner l’enfant sur les solutions qu’il proposerait pour résoudre un problème rencontré dans l’histoire.

En terminant, il ne faut pas oublier le facteur qui joue un des rôles les plus importants dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture : le plaisir d’être en contact avec le monde de l’écrit ! Ce plaisir est fortement influencé par le dynamisme des activités de lecture proposées et par le plaisir que l’adulte a lui-même à lire.

Donc, bonne lecture et amusez-vous !

Par Marie-Hélène Pelletier-Gamache, Orthophoniste chez Axo Physio Mailloux

Inspiré de « La lecture interactive enrichie : lire des histoires pour préparer efficacement les enfants à lire et à écrire à l’école » de Pascal Lefebvre, PhD

[1] Harris et Sipay, 1990; Shaywitz, Escobar, Shaywitz, Fletcher et Makuch, 1992
[2] Vellutino et Scanlon, 2003; Torgesen, 2000
[3] Cunningham et Stanovitch, 1997

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