Travail, école, famille, argent… vous vous sentez stressés ? Un certain stress, au quotidien, est normal et permet même de s’adapter à différentes situations, de fournir un petit « boost » d’énergie. Toutefois, lorsque le stress devient plus marqué et plus envahissant, il peut avoir un effet néfaste sur la santé et le bien-être.

Or, c’est bien connu, la modernité a entraîné son lot d’exigences sur nos sociétés occidentales et a modifié le rythme de vie. De plus en plus d’entre nous doivent donc conjuguer avec une pression importante au quotidien, devant composer avec de nombreux éléments : bien performer au travail ou à l’école, pratiquer des activités sportives, bien s’alimenter, entretenir des liens sociaux significatifs, soutenir nos enfants dans leurs activités, etc. Cela a eu pour effet d’entraîner un horaire de vie parfois surchargé et, selon les études scientifiques, le niveau de stress de la population a ainsi grandement augmenté.

Nous ne sommes toutefois pas impuissants face à ce niveau de stress en augmentation. De nombreuses stratégies peuvent nous permettre d’atténuer l’anxiété vécue au quotidien et, par le fait même, favoriser notre bien-être. Je vous présente aujourd’hui l’une de celles-ci : la pratique de l’activité physique.

Vous ne serez certainement pas surpris de lire que l’activité physique apporte de nombreux bienfaits sur la santé et le bien-être. Selon les recommandations, 150 minutes d’activités physiques par semaine favoriseraient une meilleure santé, préviendraient l’apparition de diverses maladies, diminueraient la fatigue ressentie au quotidien et participeraient étroitement à une meilleure gestion du stress. Notons que plutôt que de pratiquer de l’activité physique 1 fois par semaine pendant plusieurs heures, il est recommandé de pratiquer de l’activité physique pendant une plus courte période, mais de façon régulière à intensité modérée (ex. 30 minutes, 5 fois par semaine).

COMMENT CELA SE PRODUIT-IL ?

Selon les études, l’exercice physique contribue à un bien-être psychologique en ayant un effet sur de nombreuses sphères de la personne. On note, d’une part, ce qui se produit au niveau biophysiologique et, d’autre part, la contribution sur le plan psychosocial.

EXERCICE PHYSIQUE ET BIOPHYSIOLOGIE

Pendant la pratique d’activité physique, le métabolisme s’active pour répondre à la demande sollicitée par l’effort. Ainsi, la libération de certaines hormones et de certains neurotransmetteurs se voit augmentée afin de stimuler l’apport en énergie (ex. adrénaline), la fréquence cardiaque augmente, la pression artérielle augmente, etc. Ces éléments sont exactement ceux que l’on retrouve lorsque l’on fait face à une situation stressante et qu’un état d’anxiété s’installe.

Or, suite à la pratique d’exercice, le corps tente de retrouver un équilibre et le système de repos (parasympathique) s’active. Son action vise à s’opposer à l’hyperactivation précédemment vécue et permettre le retour à un état de calme. Ce phénomène de recherche d’équilibre est également présent lorsque l’on fait face à une situation de stress. Toutefois, l’effet du système parasympathique se voit grandement atténué, car dans les situations stressantes, une « menace » est perçue par notre cerveau. Le corps « demeure donc sur ses gardes », prêt à réagir au besoin. Cette menace n’est toutefois pas perçue dans un contexte de pratique d’activité physique. L’action du système parasympathique se voit alors davantage amplifiée, pouvant permettre de diminuer significativement l’état de stress.

Ainsi, dans ce processus de retour au calme, l’hypophyse et l’hypothalamus, des composantes du cerveau, se voient grandement sollicités via leur action sur différents neurotransmetteurs, dont :

  • La sécrétion d’endorphine permettra de procurer un sentiment de bien-être, de détente et d’apaiser ;
  • L’action des GABA, neurotransmetteur favorisant la relaxation, se verra renforcie ;
  • La sécrétion de sérotonine et de dopamine, aussi appelée « hormones du bonheur », se voit augmentée ;

Plus précisément, les activités d’endurance seraient beaucoup plus endorphinogènes que les activités de puissance. Ainsi, des activités telles que la marche, la natation, le vélo ou la course à pied pendant des périodes de 20-30 min à intensité modérée s’avèrent des options intéressantes afin de libérer de l’endorphine et diminuer votre niveau de stress. Parallèlement à cela, l’exercice physique en endurance nécessite généralement de régulariser la respiration. Une respiration plus profonde permet alors d’oxygéner le cerveau, ralentir le système nerveux et réduire le taux de cortisol (mieux connu sous le nom de « hormone du stress »). Autrement dit, une plus grande profondeur dans la respiration lors de la pratique d’activités physiques aura pour effet de favoriser l’apaisement.

ET QU’EN EST-IL DE LA CONTRIBUTION PSYCHOSOCIALE ?

Par ailleurs, la pratique d’activité physique a un pouvoir de distraction permettant, momentanément, de ne pas penser à ses tracas ni aux difficultés vécues. De même, l’activité physique contribuerait au développement d’un meilleur sentiment d’efficacité personnelle et s’avèrerait ainsi favorable à l’estime de soi. De cette façon, nous pouvons nous sentir plus compétents et en mesure d’affronter les situations difficiles de notre quotidien. Finalement, le contexte social dans lequel se déroule la pratique d’activités physiques a également un impact. Entre autres, il est reconnu que de pratiquer des sports d’équipe ou bien des activités en groupe offrirait un plus grand sentiment de soutien social, un élément favorisant également la gestion du stress au quotidien.

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’endorphine dispose des mêmes propriétés que la morphine, largement utilisée en médecine. De la même façon, elle peut bloquer la transmission des symptômes douloureux et réduire la sensation de douleur. Cela va pour dire que pratiquer de l’activité physique de façon régulière aura non seulement un effet sur la diminution du stress, mais également sur la diminution de la douleur au quotidien.

 

Jessie Tanguay, ergothérapeute, Axo Physio Montagne-des-Roches et St-Émile

SOURCES
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4Naugle, K. M., Fillingim, R. B., & Riley, J. L. (2012). A metaanalytic review of the hypoalgesic effects of exercise. Journal of Pain, 13, 1139–1150.
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