Il nous arrive tous d’en avoir à un moment où l’autre de notre vie, qu’elles soient conscientes ou non. Les pensées dysfonctionnelles sont en effet présentes chez plusieurs personnes, en particulier lorsqu’il y’a présence d’un problème de santé physique ou mental.

Une pensée dysfonctionnelle est une pensée décrite comme irréaliste et inadaptée, car elle ne correspond pas à la réalité et ne sert pas les intérêts de la personne qui les a. Plusieurs critères sont émis, selon Louis Chalout, pour distinguer les pensées dysfonctionnelles des pensées fonctionnelles.

Voici quelques exemples :

  1. Une pensée fonctionnelle est plus évidente et logique, facilement vérifiable et démontrable (ex. «je me suis fait mal à la suite d’une chute»).
  2. Une pensée dysfonctionnelle est l’inverse de cela (ex. « ma douleur après ma chute est insupportable et ne guérira jamais »). Cet énoncé n’est pas vérifiable avec logique ou des faits.
  3. Une pensée fonctionnelle ne s’exprime pas en termes absolus, mais relatifs et nuancés (ex. « j’aurais préféré ne pas chuter VS la vie s’acharne sur moi avec cette chute, je n’ai jamais été chanceux.se »)
  4. Une pensée fonctionnelle est présente avec des émotions modérées et saines VS émotions dommageables lors d’une pensée dysfonctionnelle (ex. « c’est fâcheux ce qui est arrivé VS tout m’arrive, j’ai toujours attiré le malheur »).
  5. Une pensée fonctionnelle aide à atteindre ses objectifs alors qu’une pensée dysfonctionnelle nuit à leur réalisation.

Alors, comment changer ce type de pensées en pensées fonctionnelles?

Il est important d’être bien accompagné pour ce type de démarche (ex. psychothérapeute, psychologue), car le travail est difficile à faire par soi-même et peut être confrontant. Un ergothérapeute ou tout autre professionnel de la santé peut aussi vous aider à identifier les pensées et vous proposer une démarche pour les changer. Par contre, il ne pourra pas nécessairement creuser avec vous les causes de la présence de ces pensées et réaliser la thérapie en profondeur, thérapie qui est appelée « thérapie cognitivo-comportementale » ou TCC.

La TCC est utilisée en psychothérapie/psychologie, mais les ergothérapeutes et autres professionnels peuvent utiliser certains principes dans leurs interventions. Dans cette thérapie, l’accent est placé sur l’identification des situations où les pensées négatives/dysfonctionnelles apparaissent.

La deuxième étape est d’identifier les émotions ressenties lors de la situation et à quelle pensée elle est liée. Cinq groupes principaux d’émotions sont identifiés :

  1. Anxiété (ex. « un danger menace, je ne pourrai y échapper »). La plus fréquente.
  2. Hostilité (ex. « c’est la faute de l’autre si cette situation m’est arrivée »).
  3. Culpabilité (ex.  « j’ai commis une faute, je n’aurais pas dû faire ça »).
  4. Auto-dévalorisation/honte (ex. « j’ai commis une faute, je suis donc inutile, j’ai moins de valeur que les autres »).
  5. Tristesse/découragement (ex. « ce qui arrive, est arrivé ou arrivera est mauvais pour moi »).

La troisième étape est d’identifier clairement la pensée automatique dysfonctionnelle. Le professionnel aide à reconnaître les images mentales ou discours intérieurs spontanés qu’il a lors de la situation. Il peut être plus facile de le faire par écrit et de noter des situations où des émotions intenses ont été ressenties.

La quatrième étape est de la remplacer par des pensées adaptées. Le professionnel guide le patient à trouver les erreurs de logique et l’absence de faits dans son discours. Diverses techniques sont alors utilisées pour aider le patient à émettre une pensée plus fonctionnelle dans la situation (ex. chercher d’autres options, se mettre à la place d’un proche, etc.) La dernière étape est l’application de ces pensées dans le quotidien. La personne devra donc continuer de recenser ses situations où une pensée dysfonctionnelle apparaît et ce qu’elle a fait pour la transformer en pensée adaptée.

Comme mentionné précédemment, il est important d’être bien accompagné pour cette démarche, que votre problème de santé soit mental ou physique. Les psychothérapeutes et psychologues peuvent aider sur ce point. Dans le domaine de la réadaptation, il n’est pas rare que les personnes souffrant de douleur chronique aient ce genre de pensées. C’est pourquoi les ergothérapeutes et physiothérapeutes sont également formés pour identifier ces pensées chez une personne et donner des trucs pour aider à les éliminer, bien qu’ils ne puissent pas réaliser la TCC au complet.

Alexis Ross-Nicolas, ergothérapeute chez Axo Physio St-Émile et Montagne-des-roches

Référence :

CHALOUT, Louis. (2010). La théorie cognitivo-comportementale : théorie et pratique. Chapitre 13 (p.180-207). Gaétan Morin éditeur pour Chenelière éduc

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