La périostite

Tout d’abord, la périostite peut également porter le nom de syndrome de stress tibial médial. Elle se caractérise principalement par l’inflammation du périoste en postéro-médial du tibia. Le périoste représente l’enveloppe de l’os du tibia. Elle est produite lors de la tension excessive des muscles de la jambe.

Cette pathologie touche majoritairement les personnes pratiquant des activités sollicitant les membres inférieurs comme la course à pied, le ski ainsi que la danse.

Symptômes[1]

  1. Douleur à la palpation au niveau du 1/3 distal du bord postéro-médial du tibia
  2. Augmentation de la douleur lors de la mise en charge et la pratique des activités problématiques
  3. Douleur qui peut diminuer au repos mais peut également persister
  4. Il peut parfois être difficile de différencier les symptômes d’une périostite de celle d’une fracture de stress. Pour cette raison, il est important de se référer à un professionnel de la santé qui s’assurera de la prise en charge appropriée.

Causes[2][3]

La cause principale de ce type de blessure est la surutilisation via une mauvaise quantification du stress mécanique subit par les membres inférieurs. Le corps n’est donc pas en mesure de s’adapter au stress qu’il subit, il en résulte donc une périostite. Par exemple, chez le coureur, il peut s’agir d’une erreur d’entrainement tel que l’augmentation trop rapide de la distance de course parcourue lors d’une sortie.

L’équipement peut être une cause secondaire. Par exemple, dans les sports incluant des sauts et des impacts répétitifs aux membres inférieurs comme la course, il est important d’avoir une chaussure adéquate.

Enfin, il peut y avoir des composantes anatomiques ainsi que biomécaniques qui pourraient favoriser l’apparition d’une périostite. Évidemment, les facteurs anatomiques ne peuvent pas, pour la plupart, être modifiés. Cependant, il est possible de changer certains facteurs biomécaniques comme, par exemple, la technique spécifique à l’activité.

Traitements

Les lignes directrices du traitement seront la modification des causes reliées à l’apparition de cette pathologie. Au cœur de celle-ci, il y aura la quantification du stress mécanique lors de vos activités quotidiennes et sportives[4]. Il est important de trouver un équilibre entre le repos et la quantité d’exercices réalisés. Pour ce faire, adopter une approche progressive dans la quantité totale de vos activités permettra de ne pas causer un stress supérieur à ce que votre corps peut tolérer.

En ce qui concerne l’équipement, il est important de s’assurer que celui-ci est conçu pour l’activité que vous souhaitez réaliser. Pour ce faire, il est recommandé de se procurer l’équipement dans une boutique spécialisée qui possède du personnel pouvant vous conseiller adéquatement.

Enfin, pour les facteurs biomécaniques, une standardisation de la technique serait à privilégier afin de diminuer le risque de périostite mais également d’autres blessures. Pour ce faire, une analyse technique adéquate faite par un professionnel de la santé est conseillée.

Rôle du professionnel de la santé

Le physiothérapeute sera présent pour dépister la pathologie à l’aide de votre histoire et d’un examen physique[5]. Par la suite, il pourra, avec votre collaboration, identifier les éléments problématiques amenant une surcharge sur votre périoste. Il pourra toujours, selon vos besoins, vous conseiller sur les comportements à adopter autant qu’à éviter, en complément avec des traitements conservateurs ou non en physiothérapie. Il vous guidera dans la gestion de vos douleurs et dans la reprise de vos activités. Enfin, il tentera d’améliorer avec vous les autres facteurs biomécaniques pouvant entretenir la pathologie.

Plusieurs autres professionnels de la santé comme le kinésiologue, le pharmacien, le médecin et autres peuvent être impliqués dans la gestion de votre douleur ainsi que votre réadaptation dans l’optique de retourner le plus sainement à la pratique de vos activités.

Daphnée Langlois physiothérapeute Axo Physio St-Émile

Références:

[1] Sueki, D., & Brechter, J. (2010). Orthopedic rehabilitation clinical advisor. Mosby Elsevier.

[2] Galbraith RM, Lavallee ME. Medial tibial stress syndrome: conservative treatment options. Curr Rev Musculoskelet Med. 2009 Oct 7;2(3):127-33. doi: 10.1007/s12178-009-9055-6. PMID: 19809896; PMCID: PMC2848339.

[3] Thacker, S. B., Gilchrist, J., Stroup, D. F., & Kimsey, C. D. (2002). The prevention of shin splints in sports: a systematic review of literature. Medicine & Science in Sports & Exercise34(1), 32-40.

[4] Anny Fredette, Jean-Sébastien Roy, Kadija Perreault, Frédérique Dupuis, Christopher Napier, Jean-Francois Esculier; The association between running injuries and training parameters: A systematic review. J Athl Train 2021; doi: https://doi.org/10.4085/1062-6050-0195.21

[5] Winters M, Bakker EWP, Moen MH, Barten CC, Teeuwen R, Weir A. Medial tibial stress syndrome can be diagnosed reliably using history and physical examination. Br J Sports Med. 2018 Oct;52(19):1267-1272. doi: 10.1136/bjsports-2016-097037. Epub 2017 Feb 8. PMID: 28179260.

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