La mémoire

C’est une fonction cognitive nécessaire dans l’exécution de plusieurs occupations. Que ce soit en raison d’une condition temporaire telle qu’une période de fatigue intense ou d’un trouble de santé mentale, ou d’une condition permanente telle qu’une maladie neurologique, avoir des pertes de mémoire peut être inquiétant et limitant au quotidien.

Heureusement, plusieurs moyens existent pour tenter de pallier le mieux possible à ces difficultés, tels que le double encodage, les stratégies mnémotechniques et les aides externes.

Le double encodage

Théorie de Paivio (1991) qui mentionne que les informations verbales et les informations visuelles sont enregistrées dans deux systèmes différents. Cette théorie suppose donc qu’associer des informations verbales telles que des mots, à des informations visuelles telles que des images, favorise la rétention de l’information[1].

Les stratégies mnémotechniques

De façon résumée, les stratégies mnémotechniques sont « l’art de planifier et de conduire nos façons d’enregistrer, de stocker et de retrouver l’information »[2].

Afin de trouver une stratégie mnémotechnique qui fonctionne pour nous, il faut passer par ces trois grands principes, soit :

1)    Organiser: regrouper, classer et résumer les informations, afin de donner un sens ou une logique;

2)    Associer : faire un lien entre la nouvelle information et l’ancienne; reliée à des évènements, mots, images, idées, déjà stockés dans nos souvenirs;

3)    Créer des images concrètes (p.ex. : un graphique); plus l’image est farfelue ou suscite des émotions, plus il sera facile de s’en rappeler[3].

Exemples d’application de ces stratégies:

Dans le cas où je n’arrive pas à me souvenir où j’ai laissé un objet, de possibles stratégies peuvent être de :

  1. Toujours placer l’objet à la même place. Idéalement, il faut trouver une place qui correspond à l’usage de l’objet, tel que laisser les clés et le portefeuille sur le bord de la porte ou encore laisser le cellulaire près de sa charge.
  2. Retracer le parcours qui a précédé et suivi la perte, ce qui permet de créer une image ou encore, l’associer à une image et donc favoriser le double encodage.

Dans le cas où j’oublie à répétitions de faire une tâche précise, de possibles stratégies peuvent être de :

  1. S’imaginer réaliser l’action et de parler à soi-même, tel que s’imaginer que je vais prendre un médicament dans un tel contexte et le dire à voix haute.
  2. Ajouter une petite touche d’émotion (et de farfelu si possible) peut favoriser encore plus la mémorisation. Par exemple, s’imaginer prendre un médicament au souper et imaginer qu’un voleur va voler le médicament si on ne le fait pas![4]

D’autres moyens peuvent nous aider à nous rappeler de faire certaines tâches, soit les aides externes, telles que:

  1. Agenda ou calendrier, afin d’optimiser leur utilisation; il est important de noter sur le champ ce que l’on ne veut pas oublier et de les consulter régulièrement;
  2. Rappels automatiques, via téléphone intelligent, minuterie ou encore l’entourage selon vos préférences, capacités et possibilités;
  3. Pilulier ou Dispill, afin de favoriser la prise adéquate des médicaments;
  4. Carnet-mémoire.
    • À ce propos, plusieurs protocoles existent qui ont pour but de rassembler à un même endroit l’ensemble des informations essentielles à se rappeler. Par exemple, le protocole de Solhberg et Mateer conseille de séparer le carnet selon les catégories suivantes:
      1. Renseignements personnels (notes autobiographiques: informations personnelles, informations sur l’accident ou les blessures);
      2. Horaire (horaire régulier des thérapies);
      3. Journal (résumé de la journée, résumé des activités dans chaque thérapies, notes personnelles);
      4. Calendrier (calendrier du mois pour prise de rendez-vous ou activités à faire à une date précise);
      5. Choses à faire (activités à faire sans date précise);
      6. Transports (trajets pour transport en commun, plans, numéros de téléphone de taxis, etc);
      7. Objectifs de réadaptation (liste des objectifs de réadaptation, échéancier et moyens pour les atteindre);
      8. Noms (noms et photos des thérapeutes; noms des personnes cotoyées, etc.).[5]

En revanche, malgré toutes ces stratégies, afin de favoriser la mémorisation, il est essentiel de s’assurer d’avoir les bonnes conditions pour le faire, soit :

  1. S’exercer régulièrement et répartir les séances d’apprentissage;
  2. Utiliser plus d’une stratégie mnémotechnique ou double encodage;
  3. Bâtir l’apprentissage sur des expériences antérieures;
  4. Varier ou aborder sous différents angles;
  5. Penser au contexte pour favoriser un rappel.

D’ailleurs, les ergothérapeutes peuvent être des alliés importants pour vous aider à ce niveau, sans oublier que, parfois, les difficultés de mémoire peuvent être reliées à d’autres problèmes pouvant être également abordés en ergothérapie. N’hésitez donc pas à entrer en contact avec un ergothérapeute de nos cliniques !

Coralie Blais, ergothérapeute Axo Physio Mailloux et Courville

Références:

[1] Clark, J. M., & Paivio, A. (1991). Dual coding theory and education. Educational psychology review, 3(3), 149-210.

[2] Croisile, B. (2008). Votre mémoire. Larousse

[3] Maskill, L. & Tempest, L. (2017). Neuropsychology for occupational therapists: cognition in occupational performance (4th edition). Oxford; Blackwell Publishing.

[4] Guimond, J.-F. (2018). Intervenir lorsque des difficultés de mémoire limitent le fonctionnement [notes de cours]. Département d’ergothérapie. Université du Québec à Trois-Rivières.

 

[5] Maskill, L. & Tempest, L. (2017). Neuropsychology for occupational therapists: cognition in occupational performance (4th edition). Oxford; Blackwell Publishing.

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