À la suite d’un accident, la blessure occasionnée peut être accompagnée de douleur. Celle-ci peut notamment se manifester sous forme de raideurs, d’engourdissements, de picotements, d’élancements, de chaleur ou de chocs électriques. Si cette douleur persiste durant plus de trois mois ou apparaît de manière récurrente au moins trois fois dans un intervalle de trois mois, elle correspond à de la douleur persistante.

Vivre au quotidien avec de la douleur chronique n’est pas chose facile. Le phénomène de la douleur est complexe et l’identification de ses causes l’est tout autant. Considérant qu’une partie des personnes en douleur vivent une augmentation de leurs maux lorsqu’ils bougent (ex. : marcher, se pencher), cette association entre mouvement et douleur est sensée pour plusieurs. Cette peur ou appréhension du mouvement se définit comme de la kinésiophobie. Plus précisément, la kinésiophobie se rapporte à la peur excessive et irrationnelle de faire certains mouvements. Cette peur est alimentée par la crainte que le mouvement entraîne une augmentation de la douleur ou l’apparition d’une nouvelle blessure. La personne devient alors hypervigilante et surveille de près toute sensation ou apparition de douleur au quotidien.

Voici un exemple de kinésiophobie

À la suite d’une rupture de la coiffe des rotateurs, vous avez eu une chirurgie. Après 3 mois post-chirurgie, votre médecin vous invite à réactiver votre bras en faisant des exercices de renforcement et des étirements. Malgré ses recommandations, vous craignez qu’en bougeant votre bras, vous blessiez de nouveau votre membre supérieur. Cette peur vous empêche de recommencer à faire vos activités du quotidien comme vous les faisiez avant.

Une personne qui présente de la kinésiophobie, en évitant des situations qui, selon elle, augmentent la douleur, peut être tentée de diminuer ses activités sociales et physiques. Elle cesse alors d’effectuer des activités qu’elle apprécie dans le but de prévenir l’apparition de la douleur. À long terme, abandonner certaines de ses occupations peut mener à un déséquilibre occupationnel, soit un état dans lequel la personne n’est pas en mesure de satisfaire ses besoins physiques, sociaux et mentaux. Négliger certaines activités amène aussi une diminution de ses capacités à effectuer ses tâches quotidiennes (ex. : faire à manger, se vêtir), à un déconditionnement physique et même au développement de symptômes dépressifs. L’individu se retrouve alors dans le cycle de la douleur et de l’immobilisation.

En réalité, il est important de souligner qu’une personne présentant de la douleur chronique doit non pas fuir les situations qu’elle appréhende comme douloureuses, mais bien apprendre à vivre avec sa douleur. À cet effet, l’ergothérapeute peut jouer un rôle dans l’exploration et l’apprivoisement de sa douleur. Effectivement, ce professionnel de la santé peut vous informer sur la douleur chronique persistante ainsi que les peurs qui peuvent y être associées. De plus, il peut élaborer un programme permettant graduellement de faire face à ces peurs qui affectent significativement le quotidien. Par ailleurs, l’ergothérapeute peut accompagner et conseiller la personne par rapport aux stratégies de gestion de l’énergie et de la douleur qui peuvent favoriser l’autonomie et la reprise d’activités au quotidien.

Claire Piquemal, étudiante en ergothérapie

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